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04 · Prospecter

Démarrer la prospection LinkedIn dans une PME : le plan des 30 premiers jours

Le premier mois de prospection LinkedIn d'une PME se joue en quatre semaines : cibler, écrire, envoyer et relancer, puis piloter. Un plan semaine par semaine, avec un volume que LinkedIn accepte et une façon honnête de lire ses premiers chiffres.

Albéric Hueber · · 8 min de lecture

En bref

Une PME qui démarre la prospection LinkedIn a intérêt à traiter les 30 premiers jours comme un test borné en quatre semaines, chacune avec un livrable : une cible écrite et une liste triée (semaine 1), des messages et une séquence de relance (semaine 2), des envois mesurés (semaine 3), une revue hebdomadaire et un processus écrit (semaine 4). Une personne écrit depuis son propre profil, sous la tolérance de LinkedIn (de l'ordre de 100 invitations par semaine), et le bilan se fait sur la cohorte complète, à J+21 du dernier envoi.

La plupart des PME qui « essaient LinkedIn » le font de la même manière : quelqu'un envoie une vague d'invitations un lundi, avec le même message à tout le monde, puis plus rien pendant trois semaines. Le canal n'a pas échoué. Il n'a jamais été testé.

Démarrer la prospection LinkedIn dans une PME, c'est conduire un premier mois court et borné, découpé en quatre semaines, chacune avec un livrable vérifiable. Pas besoin de recruter, ni d'outil qui envoie à votre place. Trente jours, c'est aussi le temps minimum pour obtenir des chiffres lisibles : une semaine ne suffit pas, car les relances n'ont pas encore eu lieu et ce sont elles qui portent une bonne partie des réponses.

Cet article traite uniquement de ce démarrage. Pour l'organisation qui suit, une fois le canal validé, voyez comment organiser la prospection LinkedIn d'une PME dans la durée.

Ce que j'ai appris en ratant mon premier envoi

Août 2021, première semaine chez Efficity. J'envoie 60 messages LinkedIn, tous copiés-collés. J'obtiens une seule réponse : « Vous êtes tous pareils. »

Ce prospect avait raison. Rien dans mon message ne montrait que je savais qui il était. Le problème n'était ni le canal ni le volume : c'était l'absence de préparation. Tout ce qui suit sert à éviter ce scénario.

Le cadre du mois : une heure par jour, un volume que LinkedIn accepte

Le plan s'adresse à un dirigeant ou à un responsable commercial qui garde le reste de son activité en parallèle. Comptez environ une heure par jour ouvré, un peu plus la première semaine.

LinkedIn limite les invitations à un ordre de grandeur de 100 par semaine pour un compte, parfois moins sur un profil récent ou peu actif. Le plan reste nettement en dessous : une vingtaine en semaine 2, puis 50 à 75 par semaine. Ce n'est pas un handicap. À ce rythme, chaque nom de la liste doit mériter sa place.

N'utilisez aucune extension ni aucun outil qui envoie, visite ou collecte des profils à votre place : c'est contraire aux conditions d'utilisation de LinkedIn, et c'est le moyen le plus sûr de faire restreindre le compte de la personne qui prospecte. Pour un dirigeant de PME, ce compte ne se remplace pas.

Les quatre semaines du plan : une étape et un livrable par semaine.
Les quatre semaines du plan : une étape et un livrable par semaine.

Semaine 1 : cibler et comprendre (jours 1 à 7)

Tout le reste repose sur cette semaine. Une cible floue produit des messages tièdes, des taux bas, et des chiffres qu'on ne sait pas interpréter.

Choisir un seul segment, pas « les PME »

Le premier mois teste une hypothèse, et une hypothèse a besoin d'une cible étroite. Un segment se décrit en trois critères :

  • Un secteur (par exemple : cabinets d'expertise comptable, sous-traitants en mécanique de précision, agences immobilières indépendantes).
  • Une taille, en effectif ou en chiffre d'affaires.
  • Un poste de décideur : la personne qui signe pour ce que vous vendez.

Prenez le segment où vous avez déjà des clients contents. Vous en connaissez le vocabulaire, les problèmes et les objections. Pour formuler la cible, commencez par écrire votre ICP en une phrase, puis traduisez cette phrase en critères observables sur un profil : taille, secteur, poste, ancienneté dans le poste, activité récente.

Désigner la personne qui écrit, et préparer son profil

Dans une PME, le message le plus lu est souvent celui du dirigeant. Un chef d'entreprise répond plus volontiers à un pair qu'à un profil inconnu. Au démarrage, c'est donc le dirigeant ou le responsable commercial qui écrit, depuis son propre compte. Avant de répondre, le prospect va cliquer sur ce profil. Vérifiez trois choses :

  1. Le titre dit ce que fait l'entreprise et pour qui, pas seulement « Gérant ». Exemple : « Maintenance de chariots élévateurs pour entrepôts logistiques, Hauts-de-France ».
  2. La section Infos se lit en dix secondes : le problème que vous résolvez, pour quel type de client, et comment vous joindre.
  3. L'activité récente n'est pas vide depuis deux ans. Un commentaire utile sous un post de votre secteur suffit à montrer que le compte est vivant.

Constituer une liste triée, entreprise par entreprise

Constituez une liste de 150 à 200 décideurs du segment, triée par alignement avec la cible : c'est l'équivalent du mois d'invitations, inutile d'en avoir plus. Pour les 30 à 40 premières entreprises, notez dans un tableur :

| Colonne | Pourquoi | |---|---| | Entreprise, ville | Éviter les doublons, regrouper par zone | | Interlocuteur et poste | Le décideur, pas le premier nom venu | | Signal récent | Recrutement, nouveau site, post, changement de poste | | Statut | Invité, connecté, en conversation, rendez-vous, sans suite | | Prochaine action et date | Relancer au bon moment |

La colonne « signal récent » est celle qui fera votre message. Si vous ne trouvez rien à dire sur une entreprise, elle n'est pas prioritaire ce mois-ci.

Une précision hors de France : les informations légales d'une société française (effectif, activité, dirigeants) sont accessibles dans les registres publics. En Belgique, en Suisse et au Luxembourg, il faut le plus souvent aller les chercher à la main dans le registre national concerné. Prévoyez ce temps.

Livrable de fin de semaine : une phrase de cible, une grille de critères, un profil prêt, une liste triée.

Semaine 2 : personnaliser (jours 8 à 14)

Cette semaine sert surtout à écrire. On rédige mal une relance le jour où elle est due : toute la séquence s'écrit avant le premier envoi.

Un premier message qui parle du prospect

Le premier message ne présente pas votre entreprise. Il montre que vous avez regardé la sienne. Comparez :

« Bonjour Madame Leroy, je me permets de vous contacter car notre société propose des solutions de maintenance… »

« Bonjour Madame Leroy, j'ai vu que vous ouvrez un deuxième entrepôt à Lesquin. Sur un démarrage de site, la question des chariots arrive souvent tard. Comment l'avez-vous anticipée ? »

Le second ne vend rien. Il pose une question à laquelle la personne sait répondre et qui touche votre sujet. Vous trouverez d'autres exemples, avec leurs défauts et leurs corrections, dans les premiers messages LinkedIn commentés.

Une règle simple : si le message pourrait partir chez quelqu'un d'autre en changeant seulement le nom, il n'est pas prêt. Testez-le sur une dizaine de profils réels de la liste : garde-t-il du sens pour chacun, une fois l'observation remplacée ?

La séquence de relance, écrite d'avance

Un premier message sans relance laisse la plupart des conversations au point mort, simplement parce que le prospect était occupé ce jour-là :

| Moment | Rôle du message | |---|---| | J+0 | Premier message : observation et question | | J+3 | Relance courte, qui rappelle la question | | J+7 | Un apport utile (un retour d'expérience, une ressource), sans vendre | | J+14 | Dernière tentative, porte ouverte | | J+21 | Arrêt : l'absence de réponse est une réponse |

Chaque relance apporte quelque chose de nouveau. « Je me permets de revenir vers vous » sans autre contenu n'apporte rien. Les relances peuvent changer de canal quand vous disposez d'une adresse email professionnelle : le principe est détaillé dans la séquence multicanale LinkedIn, email et WhatsApp.

En fin de semaine, envoyez une première vague d'une vingtaine d'invitations, sans note ou avec une note d'une ligne qui ne vend rien.

Livrable : un message par segment, une séquence écrite, un fichier de suivi prêt, une première vague envoyée.

Semaine 3 : prospecter et mesurer (jours 15 à 21)

On lance, à une cadence qu'on pourra tenir les mois suivants.

  • Envoyer 10 à 15 invitations ciblées par jour ouvré, en commençant par le haut de la liste, sans dépasser 75 par semaine.
  • Répondre dans la journée. Une réponse tardive refroidit une conversation qui venait de s'ouvrir.
  • Qualifier au lieu de présenter l'offre : quel est le problème, qui décide, est-ce prioritaire en ce moment. Les critères sont dans la qualification avant d'accepter un rendez-vous.
  • Envoyer les relances à leur date, et noter chaque contact, son statut et sa prochaine action datée.
  • Relever en fin de semaine trois taux : acceptation, réponse, réponses qualifiées.

Livrable : chaque conversation suivie, les relances parties à date, trois taux mesurés.

Semaine 4 : piloter (jours 22 à 30)

C'est la semaine qui transforme une série d'efforts en système.

  • Proposer un échange seulement quand la personne a exprimé un intérêt réel. Un rendez-vous obtenu par politesse occupe votre agenda sans faire avancer votre chiffre d'affaires.
  • Installer une revue hebdomadaire fixe, d'une demi-heure, toujours le même jour : actions échues, taux de la semaine, une seule décision.
  • Corriger le maillon le plus faible, et seulement lui. Acceptation basse : revoir le ciblage. Réponse basse : revoir l'ouverture du message.
  • Poursuivre les envois et les relances au même rythme qu'en semaine 3.
  • Écrire votre processus sur une page : qui fait quoi, quand, avec quels messages. C'est ce qui permettra de le confier un jour à un collaborateur.

Les contacts sans réponse à J+21 sont clôturés. Le bilan se fait sur la cohorte complète : comme les dernières invitations partent en fin de mois, leurs relances tombent après le 30e jour, et vous comptez à J+21 du dernier envoi.

Livrable : un rituel inscrit à l'agenda, une première correction, une page de processus.

Lire ses chiffres : un exemple de calcul

Prenons un exemple de calcul, avec des taux choisis pour l'illustration et non observés chez un client. Une vingtaine d'invitations en semaine 2, puis 60 par semaine en semaines 3 et 4 : 140 invitations sur le mois.

| Étape | Hypothèse de calcul | Volume | |---|---|---| | Invitations envoyées | 20 + 60 + 60 | 140 | | Connexions acceptées | si 30 % acceptent | 42 | | Personnes qui répondent | si 20 % répondent | 8 | | Conversations qualifiées | si 1 sur 3 est dans la cible | 3 | | Rendez-vous | si la moitié accepte un échange | 1 ou 2 |

Ce tableau ne dit pas ce que vous obtiendrez. Il montre comment les taux se multiplient entre eux : si votre taux d'acceptation baisse de moitié, tout le reste baisse de moitié. C'est pourquoi la liste compte davantage que la rédaction.

Remplacez les hypothèses par vos propres chiffres. Comptez par personne contactée, pas par message envoyé. La méthode complète est dans mesurer son taux de réponse.

Ce qui fait varier le résultat

Le ciblage. Une liste approximative fait chuter chaque ligne du tableau. C'est le premier endroit où regarder si les chiffres déçoivent.

Les relances. Sans elles, la séquence s'arrête à J+0 et vous ne mesurez qu'une partie de ce que la liste pouvait donner.

La régularité. Une heure par jour pendant trente jours vaut mieux qu'une semaine à plein temps suivie d'un abandon. Si vous sautez un jour, ne doublez pas le lendemain, surtout pas sur les invitations : reprenez le plan là où il en était.

Une variable à la fois. Le mois suivant, changez soit la cible, soit le premier message, jamais les deux. Sinon vous ne saurez pas ce qui a joué.

Cochez les jalons au fur et à mesure (la progression est enregistrée dans ce navigateur) :

Les 30 premiers jours, semaine par semaine0/5 · 0%

Après le 30e jour

Vous ne repartez pas de zéro. Vous avez une cible écrite, une liste enrichie, des taux réels et une page de processus. Le mois suivant devient une itération : une correction par semaine, une revue chaque vendredi. Ce plan ne garantit pas de chiffres précis, car ils dépendent de votre marché et de votre offre. Il donne la capacité de savoir pourquoi ils montent ou descendent.

Pour la vue d'ensemble des cinq étapes que ce mois met en place, voyez le système de prospection B2B en cinq étapes. Si le segment ne répond pas, changez de segment avant de changer d'outil. Pour un regard extérieur sur votre cible et vos messages avant de lancer, c'est l'objet du diagnostic de prospection de Trouve Tes Clients.

Questions fréquentes

Qui doit prospecter sur LinkedIn dans une PME : le dirigeant ou un commercial ?

Au démarrage, la personne que les prospects ont envie de lire, souvent le dirigeant ou le responsable commercial. Un message d'un dirigeant de PME à un autre dirigeant obtient une attention qu'un profil inconnu n'obtient pas. On délègue une fois que le message et la cible sont validés, pas avant.

Combien de temps par jour faut-il prévoir pendant ces 30 jours ?

Comptez environ une heure par jour ouvré pour la personne qui porte le projet, un peu plus la première semaine. Le plan est conçu pour un dirigeant ou un responsable commercial qui garde le reste de son activité en parallèle.

Combien d'invitations LinkedIn envoyer par semaine au début ?

Restez nettement sous la tolérance de LinkedIn, de l'ordre de 100 invitations par semaine pour un compte, parfois moins sur un profil récent. Le plan commence par une vingtaine d'invitations en semaine 2, puis 50 à 75 par semaine : assez pour obtenir des chiffres lisibles, avec le temps de répondre correctement.

Faut-il un outil d'automatisation pour démarrer ?

Non. Les outils qui envoient à votre place enfreignent les conditions d'utilisation de LinkedIn et exposent votre compte à une restriction. Un tableur et des créneaux fixes dans l'agenda suffisent pour le premier mois.

Combien de rendez-vous peut-on attendre au bout de 30 jours ?

Personne ne peut vous le dire honnêtement à l'avance : cela dépend de votre offre, de votre marché et de la qualité de la liste. Le premier mois sert à obtenir vos propres taux, qui deviennent la base de calcul du mois suivant.

Pourquoi attendre J+21 pour tirer un bilan ?

Parce qu'une partie des réponses arrive sur les relances. Compter avant la fin de la séquence sous-estime le taux réel et pousse à changer un message qui fonctionnait.

Que faire si les taux sont bas à la fin du mois ?

Identifier le maillon le plus faible et ne corriger que celui-là. Un taux d'acceptation bas renvoie d'abord au ciblage, un taux de réponse bas au premier message, des réponses peu qualifiées au ciblage encore. Corriger tout à la fois empêche de savoir ce qui a joué.

Tout commence par un diagnostic.

Avant d'ouvrir l'outil, le cabinet Trouve Tes Clients fait le point sur votre prospection : votre cible, vos messages, votre suivi. Vous repartez avec un plan d'action et, si l'outil vous convient, la formule adaptée.

Diagnostic : 1 200 € HT, réglé à la réservation.