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04 · Prospecter

RGPD et prospection B2B : ce qui est permis en France, en Belgique, en Suisse et au Luxembourg

Écrire à un décideur sans son consentement préalable est possible en France et au Luxembourg, à des conditions précises. La Belgique est plus stricte pour les adresses nominatives. La Suisse est plus stricte sur l'email en volume. Le cadre réel, marché par marché, pour une PME qui prospecte elle-même.

Albéric Hueber · · 5 min de lecture

En bref

En France et au Luxembourg, une PME peut prospecter un professionnel par email sans consentement préalable si le message est en rapport avec sa fonction, à condition de l'informer et de lui offrir un moyen simple de s'opposer. En Belgique, cette exception ne vise que les adresses impersonnelles des entreprises (type info@) : une adresse nominative demande en principe un consentement préalable. La Suisse est plus stricte et exige le consentement pour la publicité de masse par voie électronique. Sur LinkedIn, deux cadres s'appliquent : le RGPD et les conditions d'utilisation de la plateforme, qui interdisent le scraping et l'automatisation des envois.
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Cet article décrit un cadre général, à jour de nos vérifications au 8 septembre 2026. Ce n'est pas un conseil juridique : une campagne en volume, un fichier acheté ou un traitement automatisé méritent l'avis d'un juriste. Les autorités compétentes sont la CNIL (France), l'APD (Belgique), le PFPDT (Suisse) et la CNPD (Luxembourg).

Beaucoup de dirigeants de PME repoussent leur prospection parce qu'ils ne savent pas ce qu'ils ont le droit de faire. La réponse tient en peu de lignes : écrire à un professionnel au sujet de son métier est permis dans les quatre marchés francophones, à condition de respecter trois obligations simples. Seule la Suisse change la règle pour l'email en volume.

Ce cadre a une conséquence que l'on remarque rarement : il récompense exactement ce qui fait répondre un prospect. Un message ciblé, envoyé à quelqu'un que le sujet concerne, est à la fois le plus sûr juridiquement et le plus efficace commercialement.

Un email professionnel reste une donnée personnelle

prenom.nom@entreprise.com identifie une personne. C'est donc une donnée personnelle et le RGPD s'applique. contact@entreprise.com n'identifie personne et sort du champ.

Le caractère professionnel de l'adresse ne change pas si le RGPD s'applique. Il change la base légale que vous pouvez invoquer. En B2C, il faut un consentement préalable. En B2B, vous pouvez vous appuyer sur l'intérêt légitime, à une condition que la CNIL formule clairement : le message doit être en rapport avec la fonction professionnelle du destinataire.

Un exemple suffit à fixer la frontière. Proposer un logiciel de gestion de production au directeur industriel d'une PME : en rapport avec sa fonction. Proposer la même chose à son comptable parce que son adresse figure dans le même fichier : non.

Trois obligations, une phrase et une colonne

L'intérêt légitime n'est pas un blanc-seing. Il s'accompagne de trois devoirs.

Informer. La personne doit savoir que vous traitez ses données, d'où elles viennent et à quoi elles servent. Quand les données n'ont pas été collectées auprès d'elle, ce qui est le cas de toute prospection, l'information intervient au plus tard au premier contact. Deux lignes en pied de message suffisent, par exemple : « J'ai trouvé vos coordonnées sur le site de votre entreprise. Si vous préférez ne plus recevoir de message de ma part, répondez simplement "stop". »

Permettre l'opposition. Pas un formulaire en douze champs : une réponse d'un mot doit suffire. L'opposition se respecte immédiatement, sans relance ni contre-proposition.

Limiter la conservation. La CNIL retient trois ans à compter du dernier contact émanant du prospect. Au-delà, suppression ou anonymisation. À l'inverse, la trace d'une opposition se garde : c'est elle qui empêche un collaborateur de recontacter la même personne six mois plus tard.

Dans les faits, ces obligations coûtent une phrase dans le message et une colonne « opposition » dans le fichier de suivi.

Ce qui change d'un marché à l'autre

France

Prospection B2B par email sans consentement préalable : possible, sur la base de l'intérêt légitime, avec information et droit d'opposition. C'est le régime dit d'opt-out. Le consentement préalable reste la règle envers les particuliers. La partie technique, pour que ces emails arrivent (domaine d'envoi, SPF, DKIM, DMARC), est traitée dans email de prospection B2B : RGPD et délivrabilité.

Belgique

L'intérêt légitime peut fonder le traitement des données, mais l'email relève en plus d'une règle plus stricte qu'en France. L'arrêté royal du 4 avril 2003 dispense de consentement préalable les envois vers les adresses électroniques « impersonnelles » des personnes morales (info@, contact@). Pour une adresse nominative (prenom.nom@entreprise.be), la lecture la plus courante impose le consentement préalable. Prudence, donc : en cas de doute, passez par LinkedIn ou par l'adresse générique de l'entreprise. L'APD attend par ailleurs le même sérieux qu'en France sur la provenance des fichiers et la durée de conservation. Le détail pratique est dans l'article sur l'email de prospection B2B.

Suisse

C'est ici que la règle change. La Suisse n'est pas membre de l'Union européenne et applique sa propre loi sur la protection des données (nLPD), à laquelle s'ajoute le droit de la concurrence déloyale. Ce dernier exige un consentement préalable pour la publicité de masse par voie électronique. Un envoi en volume vers des adresses suisses se traite donc en opt-in.

Deux nuances comptent. Un message individuel et personnalisé, adressé à un professionnel dans le cadre de sa fonction, n'est pas de la publicité de masse. Et si vous écrivez depuis la Suisse à des personnes situées dans l'Union européenne, ou l'inverse, le RGPD s'applique en plus de la loi locale.

Luxembourg

Le RGPD s'applique, sous le contrôle de la CNPD, avec un régime globalement aligné sur le régime français pour le B2B. Pour une campagne en volume vers des adresses luxembourgeoises, faites valider le dispositif avant l'envoi plutôt qu'après.

Le droit n'est qu'une partie de l'écart entre ces quatre pays. La langue, les usages et le niveau de formalité attendu en sont une autre, détaillée dans les différences de prospection entre la France, la Belgique, la Suisse et le Luxembourg.

LinkedIn : deux cadres au lieu d'un

Un message LinkedIn n'est pas un email au sens de la réglementation sur les communications électroniques. Beaucoup en concluent qu'il n'y a pas de règle. Il y en a deux.

Le RGPD. Aspirer des profils, même publics, est un traitement de données. Un profil public n'est pas libre de droits : sa collecte déclenche une obligation d'information envers les personnes concernées.

Les conditions d'utilisation de LinkedIn. Elles interdisent le scraping et l'automatisation des envois. Aucune autorité n'a besoin d'intervenir : c'est LinkedIn qui restreint le compte. Pour un dirigeant dont le profil est le premier point de contact avec ses clients, c'est le risque le plus concret des deux.

La conclusion pratique est la même dans les deux cas : un message préparé avec soin et envoyé par la personne elle-même ne met en jeu ni le compte, ni la conformité. C'est aussi le principe retenu par Trouve Tes Clients, qui prépare les messages mais n'envoie rien sur LinkedIn à la place de l'utilisateur.

Six règles à appliquer dès la prochaine campagne

  1. Un message en rapport avec la fonction du destinataire, toujours.
  2. Aucun fichier dont vous ne pouvez pas retracer l'origine.
  3. Une mention d'information dès le premier contact.
  4. Une opposition traitée immédiatement, et tracée.
  5. Une suppression à trois ans sans réaction du prospect.
  6. Aucun envoi automatisé sur LinkedIn.
Votre mise en conformité0/7 · 0%

Ces règles s'intègrent naturellement dans une séquence de relance sur LinkedIn et par email : la mention d'information se place dans le premier email, et l'opposition met fin à la séquence le jour même.

Questions fréquentes

Faut-il le consentement d'un prospect B2B avant de lui écrire ?

Pas en France ni au Luxembourg : la prospection entre professionnels peut reposer sur l'intérêt légitime, si le message est en rapport avec la fonction de la personne, qu'elle est informée du traitement et qu'elle peut s'y opposer simplement. En Belgique, l'exception prévue par l'arrêté royal du 4 avril 2003 ne vise que les adresses impersonnelles des personnes morales (type info@) : pour une adresse nominative, la lecture la plus courante impose le consentement préalable. La Suisse fait aussi exception : le droit de la concurrence déloyale exige un consentement préalable pour la publicité de masse par voie électronique.

Une adresse email professionnelle est-elle une donnée personnelle ?

Oui, dès qu'elle identifie une personne, comme prenom.nom@entreprise.com. Une adresse générique du type contact@entreprise.com n'identifie personne et sort du champ. Le caractère professionnel de l'adresse ne la fait pas sortir du RGPD : il change seulement la base légale utilisable.

Le RGPD interdit-il de prospecter sur LinkedIn ?

Non. Écrire un message personnalisé à une personne dont le profil est public reste licite. Ce qui pose problème, c'est l'aspiration massive de profils, qui est un traitement de données soumis à information, et l'automatisation des envois, interdite par les conditions d'utilisation de LinkedIn.

Combien de temps peut-on conserver les données d'un prospect ?

La CNIL retient comme référence trois ans à compter du dernier contact émanant du prospect. Passé ce délai sans réaction, les données sont supprimées ou anonymisées. La trace d'une opposition, elle, se conserve : c'est elle qui évite de recontacter la personne.

Tout commence par un diagnostic.

Avant d'ouvrir l'outil, le cabinet Trouve Tes Clients fait le point sur votre prospection : votre cible, vos messages, votre suivi. Vous repartez avec un plan d'action et, si l'outil vous convient, la formule adaptée.

Diagnostic : 1 200 € HT, réglé à la réservation.